{Blog Tour} La dernière marée – Interview d’Aylin Manço

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Bonne année 2019 à tous les oiseaux lecteurs !!!

Je souhaite que cette nouvelle année soit pour vous remplie de prometteuses découvertes livresques, de nouveaux défis lecture, et surtout d’enthousiasme dans votre quotidien !
Elle commence sur les chapeaux de roues pour L’oiseau lit, avec ma participation au Blog Tour du nouveau roman ado des éditions Talents Hauts, La dernière marée, de la très prometteuse Aylin Manço…

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La jeune autrice Aylin Manço signe chez Talents Hauts son premier roman, La dernière marée, une histoire d’amour et familiale bouleversante sur fond d’une catastrophe climatique, le Reflux, qui fait baisser le niveau des océans sans que personne ne puisse l’expliquer.
Elle a écrit une première version de ce roman dans le cadre du master de création littéraire du Havre.

 

Un premier roman dont le ton se révèle d’une justesse désarçonnante, ancré dans des problématiques actuelles, et qui a le mérite de mettre en valeur une relation mère-fille ardente, comme on en voit peu en littérature.

À l’occasion de ce blog tour, j’ai rencontré Aylin pour lui poser quelques questions au sujet de La dernière marée et de ses débuts d’autrice. À travers cette interview, je vous propose d’approcher son univers et le contexte de création de ce puissant roman qui marque en beauté ce début d’année !

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L’oiseau lit : Ce roman parle d’une catastrophe climatique, le Reflux. As-tu une sensibilité particulière pour l’écologie ? Quel rôle cette sensibilité a-t-elle joué dans la construction de ce roman ?

Aylin Manço : Pour moi, ce roman n’a pas pour sujet l’écologie, mais plutôt ce qu’on appelle l’ « angoisse climatique » : l’angoisse générée par le changement climatique.
J’ai voulu raconter l’histoire d’une gamine qui est prise dans cette angoisse. Tout autour d’elle est perturbé par le Reflux : le lieu où elle se trouve, cette cité de vacances qui a tellement changé et où elle ne retrouve plus ses repères, mais aussi sa famille, car sa mère réagit très mal à la catastrophe.

Aylin a d’ailleurs ponctué le récit de passages narratifs représentant les émissions d’informations à la radio, qui participent à véhiculer ce climat anxiogène. Ces passages sont mis en page de manière astucieuse, éparpillant les mots, hachant les phrases pour retranscrire fidèlement le ton parlé de la radio.
Elle m’explique : « je voulais avoir cette voix discordante et anxieuse de la radio qui s’infiltre dans le monde somme toute assez paisible de Citéplage. »

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L.L. : Ton roman est un roman du changement. Le personnage d’Élo l’incarne particulièrement bien, dans ses confrontations avec sa mère et son ami/amoureux Hugo, mais aussi dans sa manière de considérer le Reflux : avec résignation d’abord, puis avec espoir ensuite.
Selon toi, que peut apporter le changement, aussi difficile à accepter soit-il ?

A.M. : Ce n’est pas tant que le changement apporte quelque chose de particulier, mais simplement qu’on ne peut pas faire sans : la vie, c’est le changement.
L’un des messages qui se dégage du roman, selon moi, c’est qu’il faut se défaire de nos illusions de stabilité (pour Élo, c’est sa mère qui représentait la stabilité) pour espérer trouver un équilibre dans ce monde qui bouge sans cesse.

Mais attention, je dis « selon moi », parce que ce qui est beau dans les livres, c’est qu’une fois qu’ils sont publiés ils n’appartiennent plus à leur autrice ! Je n’ai plus d’autorité particulière sur ce texte, et j’ai hâte de savoir ce que les lecteurs en retirent. J’ai déjà été très surprise (et ravie) par les différentes lectures qui en ont été faites chez mon éditeur…

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L.L. : Au fil de ton texte, tu recours souvent à la comparaison, et c’est ce qui rend ton roman si évocateur et proche des émotions de ses personnages. Le fais-tu de manière volontaire ou bien est-ce une caractéristique inconsciente de ton écriture ?

A.M. : C’est tout à fait volontaire ! Merci de l’avoir remarqué, j’ai effectivement beaucoup travaillé sur les images : je voulais que les passages parfois durs du texte soit contrastés par des descriptions plus lumineuses, pour faire écho à la manière dont le désarroi d’Élo détonne dans l’ambiance joyeuse de ses vacances. J’ai donc cherché une voix particulière : belle mais pas coquette, classique sans être froide, à fleur de peau. J’espère y être parvenue !

C’est tout à fait le cas, sois-en assurée !
Tout au long de ma lecture, je ne cessais de m’extasier devant ces figures de style qui font vibrer le texte en sollicitant les sensations et émotions des sens, qui rendent les détails, les décors et les personnages palpables.

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L.L. : Dans La dernière marée, tu parles bien évidemment de la mer mais aussi de la natation et de ses techniques. L’as-tu pratiquée toi-même ou bien t’es-tu documentée pour l’écriture du roman ?
Et peux-tu nous parler de ton rapport à la mer ?

A.M. : En fait, les prémisses du roman me sont venues pendant que je rédigeais mon mémoire de fin d’études. Je terminais un master d’ingénieur à Bruxelles, ce qui n’a rien à voir avec le livre, mais j’allais nager à la piscine municipale pendant mes pauses. J’ai continué à nager régulièrement et à prendre des cours et aujourd’hui, après plusieurs années d’entraînement, je sais enfin nager un crawl correct ! (J’en suis très fière.)
Tu l’as compris, je suis loin d’être une nageuse de compétition, mais je me suis inspirée de mes cours pour décrire les leçons que la mère d’Élo lui donne.

Quant à la mer, c’est toutes mes vacances ! J’y allais chaque année avec mes parents : ma grand-mère habite en Turquie, sur la côte Égéenne, dans une cité de vacances qui m’a inspiré Citéplage.

L.L. : Tu dis effectivement, dans le paratexte du roman, que Citéplage existe réellement. T’es-tu beaucoup inspirée de tes expériences et souvenirs personnels pour l’écriture de ce premier roman ?

A.M. : Citéplage est un collage de toutes mes expériences à la mer : la cité où ma grand-mère habite en Turquie, mais aussi la Bretagne où j’ai passé plusieurs semaines, ado, à crapahuter dans les rochers avec des copains, où on voit des bateaux échoués sur la plage à marée basse, et encore la mer du Nord en Belgique…
J’ai fait exprès de tout mélanger : je voulais que chacun puisse projeter sur Citéplage ses propres souvenirs de plages et de vacances.

Bien sûr, il y a beaucoup de moi dans ce roman. Par exemple, le cauchemar qu’Élo fait petite, où ses parents la laissent derrière eux pendant qu’ils fuient un raz-de-marée, est un cauchemar que je faisais également.
Mais la beauté de l’écriture, c’est de pouvoir transformer ses souvenirs, pensées et sensations, et de les tisser en une histoire. La dernière marée n’est pas un roman autobiographique : tout ce qu’il y a de moi dans ce texte a été déformé pour servir l’histoire.

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L.L. : Élo a cette réflexion au cours du roman, face à son père qui lui avoue préférer se concentrer sur la beauté du présent.
Est-ce également ta position, notamment au regard des événements de ces dernières années et de l’angoisse climatique ?

A.M. : Non, je ne suis pas d’accord avec Élo, ou plus honnêtement : les bons jours, je ne suis pas d’accord avec elle. Les mauvais, c’est une autre histoire.
Je pense que cette conviction n’est pas saine du tout : après tout, à quoi bon vivre, si c’est seulement la manière de mourir qui compte ? À quoi bon avoir des histoires d’amour, si les ruptures ont le pouvoir de les effacer complètement ? Je crois qu’en fin de roman, Élo n’est plus trop d’accord avec ça non plus : elle a grandi.

Concernant l’angoisse climatique, je pense que la position de la mère d’Élo, en panique permanente, l’oreille collée au poste de radio, n’est ni saine ni productive. C’est pourtant la position dans laquelle nombre d’entre nous se retrouvent face à au changement climatique : dans une anxiété constante, mais paralysés. Mais celle du père d’Élo, qui tient à apprécier le moment au point d’ignorer les questions de sa fille, n’est pas idéale non plus…
La réponse à ta question, c’est que je ne sais pas quelle est la « bonne » réaction. Et je pense que c’est très dur, pour les enfants d’aujourd’hui, de grandir entre des adultes qui paniquent et d’autres qui préfèrent tenir les problèmes à distance, voire carrément les ignorer. C’est ce que j’ai voulu représenter à travers le personnage d’Élo.

Si La dernière marée réussit avec tant de force à aborder toutes les thématiques évoquées dans cette interview, c’est grâce à l’acuité du regard d’Aylin sur notre monde, et la place qu’elle laisse au lecteur pour amorcer sa propre réflexion au sujet des enjeux climatiques mais aussi concernant ceux qui se font jour au creux des relations intimes entre les personnages.
Tout comme des pas sur le sable, ce texte a imprimé sa trace dans ma mémoire de lectrice, mais aucun risque qu’une marée vienne l’effacer !

 

Un grand merci à Aylin de s’être prêtée au jeu de l’interview, pour sa disponibilité et sa patience, et un autre grand merci aux Éditions Talents Hauts et à Tom pour l’organisation au top de ce blog tour et la découverte de ce roman qui a enchanté mon passage de l’année 2018 à 2019 !
J’espère de tout cœur que la lecture de cette interview vous plaira !

Vous pourrez retrouver dès demain une chronique du roman
sur la chaîne Booktube de Piko books !

Voici le calendrier de publication du blog tour et les sites/chaînes de tous les collaborateurs, où vous pourrez retrouver les différents contenus mis en ligne au sujet de La dernière marée :

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> Et pour ne manquer aucune info autour de la sortie du roman, n’hésitez pas à passer par la page Facebook des éditions Talents Hauts !

> Les éditions Talents Hauts vous invitent d’ailleurs, si vous le souhaitez, à la soirée de lancement de La dernière marée qui aura lieu le mercredi 23 janvier à 18h30. Toutes les infos pratiques sont à retrouver sur la page de l’événement.

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