#NosFuturs : Irineï et le grand esprit du mammouth, t.1

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Je vous annonce officiellement la fin de l’hibernation imprévue de l’oiseau ! (oui, bon, je n’ai pas vraiment su gérer l’apprentissage et les cours durant ce mois de novembre…)

Je reviens joyeusement pour vous présenter une lecture qui m’a été envoyée par les éditions Slalom, et qui me donne l’occasion d’aborder le thème du SLPJ 2018.
J’ai passé 4 jours sur le salon (vous pouvez trouver un résumé de mes moments forts sur mon compte Insta !), et même si je n’ai malheureusement pas trouvé le temps d’assister à beaucoup de conférences, la thématique de cette année m’a a particulièrement fait écho à mes préoccupations.

Je ne vais pas me lancer dans un palabre indigeste sur mon quotidien, rassurez-vous, mais cela fait plus de dix mois maintenant que j’ai été frappée par la divine conscience écologique, non pas celle qui s’installe dans un petit coin de ta tête pour te chuchoter des mots doux de temps à autre à l’oreille, non. Celle qui se manifeste tous les jours, et te pousse à révolutionner ton quotidien pour vivre mieux, avec moins (coucou le lagom !), écouter et ressentir ce qui vit autour de toi, mais aussi t’écouter toi-même, et surtout chercher, par chaque action du quotidien, à sensibiliser les personnes qui te côtoient. Voilà, rapidement, comment je me suis lancée dans une démarche de réduction de mes déchets et une thérapie qui soigne la dépendance à la possession d’objets. Je m’amuse beaucoup, et je trouve cela profondément gratifiant !

Mais passons au sujet qui nous intéresse aujourd’hui, car j’ai réveillé L’oiseau lit non pas pour vous offrir un discours zéro déchet (quoi que ça me démange là tout de suite), mais bel et bien pour vous chroniquer un livre !

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ce hibou a l’air complètement effaré, mais je l’aime bien.

Le tome 1 d’Irineï et le grand esprit du mammouth de Val Reiyel interroge notre futur et plus particulièrement l’évolution de l’utilisation de la science : ici il s’agit d’une problématique qui se pose depuis déjà quelques temps, la reconstitution d’une espèce disparue.
Tout en mêlant des aspects scientifiques, mystiques, culturels, ce roman relate le destin d’un enfant sibérien, issu d’une famille de chamans, suite à la découverte sur ses terres du corps congelé d’une femelle mammouth parfaitement conservé… Rapporté par les scientifiques en Amérique, l’animal va susciter un raz de marée médiatique et leur réserver une surprise de taille.

Une partie du récit se déroule sur la toundra, alors même que les scientifiques américains John et Tony mènent à bien la mission qui leur a été confiée. Ils y font la connaissance d’Irineï, un jeune garçon de 12 ans élevé par sa grand-mère. Ce dernier est destiné à succéder à la vieille femme chamane, mais ne se sent pas à la hauteur. Il cache pourtant des pouvoirs extraordinaires, notamment une relation très particulières aux animaux, qu’ils soient vivants ou sous la forme d’esprits.
John et Irineï s’attachent rapidement l’un à l’autre, et leur amitié va sous-tendre tout le reste du roman, qui se déroule cette fois aux États-Unis avec l’étude du spécimen de mammouth rapporté au laboratoire.

Cette histoire m’a rappelé un documentaire que j’avais regardé il y a quelques temps et qui évoquait la problématique de la reconstitution d’espèces disparue, et plus particulièrement le mammouth. Déontologiquement parlant, cela pose de véritables questions, et le roman de Val Reiyel est pertinent dans le sens où il permet de les aborder.

L’autrice traite aussi des différences culturelles, à travers les préjugés d’une culture envers l’autre, ainsi que les comportements occidentaux modernes qui tendent à laisser de côté le rapport à la nature. Les remarques d’Irineï découvrant la société américaine actuelle sont désarçonnantes, et le lecteur, qu’il ait déjà une conscience écologique ou non, ne peut que s’interroger sur notre mode de vie actuel.

C’est là la force qui émane de ce roman : contribuer à remettre en cause, à travers le regard d’un enfant émerveillé et innocent – mais non pas moins sage – les fondements d’une société de consommation qui est la nôtre et qui n’a plus vraiment de sens.
Les personnages abordent ces questions de manière très directe (notamment lors de la scène dans le parc aquatique qui évoque la maltraitance des cétacés) mais à aucun moment on ne se sent vraiment forcé d’adhérer au discours d’Irineï, même si l’on est bien forcé de reconnaître qu’il a raison. John lui-même se rend bien compte qu’il y a là quelque chose qui ne tourne pas rond, et cela le fait sérieusement réfléchir, sans pour autant le faire changer d’avis immédiatement.

Ainsi la confrontation des points de vue des personnages offre une dualité intéressante qui laisse la place au débat et à la remise en question. C’est habilement mené, à mon sens, et cette lecture peut donc grandement bénéficier aux jeunes lecteurs pour cette raison.

Je suis néanmoins plus dubitative concernant le rythme du récit, qui s’enchaîne par moments trop rapidement à mon goût et laisse parfois peu de place au suspens (comme lorsque les activistes entrent par effraction dans le laboratoire), ainsi qu’au sujet de l’écriture de l’autrice, mais cet avis est beaucoup plus personnel. J’ai eu en effet un peu de mal à rentrer dans l’histoire, car j’ai été désarçonnée par l’aspect scénaristique de l’écriture de Val Reiyel qui impose un rythme assez rapide, direct, fragmenté notamment par la mise en pages choisie.
En discutant avec une amie qui travaille pour les éditions Slalom, j’ai compris que ce trait particulier de la plume de l’autrice était directement lié à sa carrière de scénariste, je suis donc maintenant moins étonnée que je ne l’étais au tout début de ma lecture.

Cela dit, malgré cette petite déception, les personnages attachants sont venus rééquilibrer la balance. J’ai particulièrement apprécié la manière dont le passé de John était peu à peu divulgué au cours du roman, c’était sensible, pudique, touchant. Et c’est l’une des raisons qui me rendent curieuse quant au contenu du tome 2 qui suivra.
D’ailleurs, comment ne pas avoir envie de lire la suite lorsque ce tome 1 se termine sur un affreux-vilain-pas-beau cliffhanger de la mort qui tue !!!

Je remercie les éditions Slalom ainsi que mon amie Anaïs pour cette découverte livresque 🙂

Avez-vous lu ce livre et/ou écouté l’autrice lors de la conférence autour du roman qui s’est tenue au SLPJ ?
Si oui, j’aimerais beaucoup avoir votre avis !

Et puis n’hésitez pas non plus à partager ci-dessous ou par un petit mail votre sentiment vis-à-vis du mouvement de conscience écologique auquel nous assistons en ce moment, ce sujet me tiens à cœur et j’aimerais beaucoup échanger avec vous !
D’ailleurs, si une bibliographie de livres zéro déchet/écolo vous tente, dites-moi car je songe peut-être à en publier une 🙂

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Une réflexion sur “#NosFuturs : Irineï et le grand esprit du mammouth, t.1

  1. Coucou !
    Je rattrape peu à peu mes centaines de mails que je n’avais pas consultés pendant le mois de décembre, et donc je découvre peu à peu tes articles ^^
    Alors déjà: ce hibou est absolument adorable !
    Ensuite, ce livre me fait bien envie 🙂
    Et je dis oui pour une bibliographie zéro déchet !
    Joyeux Noël ^^

    J'aime

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