Poulpe Fictions, un label joyeux et étonnant : chronique de deux séries hautes en couleurs !

banner_earth.jpg
C’est peu souvent que des romans de la tranche d’âge 8-12 ans sont présentés sur la blogosphère, et j’en lis moi-même très peu, sauf dans le cadre de mes études. Quand je pense à cette offre en quelque sorte intermédiaire, qui n’est plus dans la découverte de la lecture et pas tout à fait pleinement dans la lecture adolescente, je pense par exemple au fameux label Pépix des éditions Sarbacane, et à quelques romans middle grade anglophones que j’ai en tête pour les avoir lus… Mais ça ne va pas tellement plus loin.

Aussi, lorsque Poulpe Fictions m’a proposé un partenariat, j’étais très curieuse de découvrir ce catalogue et de me pencher plus avant sur ce que ce segment de la littérature de jeunesse pouvait proposer aux lecteurs.
J’ai donc choisi de lire les tomes 1 des séries Allô Sorcières d’Anne-Fleur Multon (illus. de Diglee), car j’en avais déjà vu une chronique enjouée sur le blog de Victoria, et Team Aventure d’Ismaël Khelifa (illus. de Joëlle Passeron) (ça, c’est le fait de mon esprit écologiste convaincu !).

On voit ça plus en détail ? 🙂

allô-sorcières-t1.jpg{Allô Sorcières} tome 1, Viser la Lune :

L’amitié qui unit Aliénor, Maria, Azza et Itaï est hors norme, et pour cause : elle s’est construite grâce aux réseaux sociaux !
Le premier tome de cette série girl power à souhait, nous présente une galerie de jeunes filles au caractère fort, combattives et revendicatives, qui n’hésitent jamais à foncer pour réaliser leurs rêves !
La prégnance et l’importance des réseaux sociaux dans cette histoire est très plaisante car, au-delà de donner lieu à une mise en pages vivante, elles dépeignent avec pertinence et acuité les enjeux du numérique aujourd’hui dans la socialisation des jeunes (et des moins jeunes aussi, d’ailleurs !).
Le lecteur assiste au développement touchant de cette amitié étonnante, qui passe par la création de la fameuse chaîne YouTube qui achève d’unir les quatre filles autour d’un projet commun.
Si, parfois, j’ai pu avoir l’impression d’être davantage face à des personnages âgés d’une quinzaine d’années plutôt que de 12-13 ans, ce détail ne m’a en rien empêchée d’admirer l’épanouissement dont ces héroïnes font preuve dans leur chemin de vie ; elles sont de beaux exemples de liberté et de créativité.
J’ai beaucoup apprécié également la multiplicité des sujets abordés par ce tome 1 (questions familiales, sociales…), de même que l’humour et cette valorisation de la francophonie à travers le monde.

Ce qui m’a le plus touchée, personnellement, c’est véritablement ce thème de la rencontre rendue possible grâce Internet. Pour la petite anecdote (instant confession, tenez-vous bien !), ces émotions de la rencontre amicale sur le web qui éventuellement donne in fine lieu à la rencontre « in real life » (comme on dit en jargon web, n’est-ce pas), et qui représente un moment quasi sacré où mille et une questions se posent, sont des choses très familières pour moi, car au moins 90% des mes amis actuels ont été rencontrés grâce à une interaction digitale, et certains vivent même dans des pays étrangers (Fabio, Holly, si vous passez par là, sachez que je suis heureuse de vous connaître !).
Bien connue également est la réticence des parents dans ce genre de cas, surtout quand on se lance dans de telles aventures et que l’on n’a pas encore 18 ans. Heureusement, les filles emploient des grands moyens convaincants pour obtenir la bénédiction des adultes, à la fois pour la création de leur chaîne YouTube et pour le grand voyage qui leur permet de toutes se rencontrer à Lyon.
C’est une leçon de vie, je trouve, que de sortir de sa zone de confort par amitié et aller à la rencontre de l’autre. Le numérique facilite tellement les relations, mais se retrouver en face de la personne, physiquement, et se rendre compte que la relation peut continuer au-delà de l’écran et qu’elle est toujours légitime, c’est un véritable bonheur.
Ce roman met en scène l’un des avantages très précieux du web aujourd’hui : favoriser la rencontre avec l’autre et les échanges autour de la planète (on en a d’ailleurs un aperçu dans Opération Groenland que je vous présente plus bas !). Avec cette lecture, j’ai repensé aux expériences similaires que j’ai moi-même vécues, et ai réalisé de nouveau à quel point ces rencontres représentent un enrichissement dans nos vies. Elles permettent de réduire les frontières, de se réapproprier un peu le monde et d’effacer quelques instants cette impression d’une Terre si vaste (le monde est petit, en fin de compte !).

Voici le chouette trailer de la série :


{Team Aventure} tome 1, Opération Groenland :
team-aventure-t1.jpg

Ce roman relate le voyage un peu fou de quatre ados au Groenland, pour le compte d’une mission écologiste de protection des narvals.
Un voyage qu’ils gagnent au terme d’un concours organisé dans leur lycée d’Annecy, et qui va changer leur vision du monde et de la vie.
Dans cette série, qui a des airs de roman d’apprentissage, on se retrouve là aussi face à des héros très attachants, dont le portrait est nuancé et donc intéressant, pour qui ce voyage incroyable a fonction de développement à la fois personnel et relationnel.
L’humour est tout aussi présent, et l’écriture de l’auteur, notamment sa description des paysages du Grand Nord, est prenante et donne terriblement envie de partir en voyage.

Des deux titres, celui-ci a été mon préféré, et je pense que c’est principalement lié au fait de sa dimension écologiste mais aussi parce qu’il a ravivé toute une transtextualité qui m’est chère : Apoutsiak, le petit flocon de neige (Paul-Émile Victor), Tout en haut du monde (film de Rémi Chayé), le Frère des Ours des studios Disney, et même certains épisodes de l’émission Voyage en terre inconnue (dont j’ai retrouvé le même genre d’émotion à la fin du roman, lorsque vient le moment des adieux avec le peuple Inuit)…
Ce sont autant d’expériences de lecture ou de visionnages ancrés dans ma mémoire, et qui entretiennent ce rêve du voyage vers l’inconnu, vers l’extrême.
Des expériences pareilles n’arrivent que très peu de fois dans une vie, et c’est à leur épreuve que l’on prend inévitablement conscience de la beauté du monde, de sa fragilité, de son impermanence, de l’émotion qui unit les êtres humains… (quand je joue sur l’émotion, j’y vais à fond !)
Bref, en refermant le livre, je n’avais qu’une envie : partir à l’autre bout du monde, et rencontrer l’auteur pour lui poser mille questions sur ses voyages !!

Je vous invite également à regarder le trailer de la série, présenté par Ismaël Khelifa :


En résumé :

Ces deux séries, ce sont des textes joyeux, humoristiques, bien équilibrés, et qui ne peuvent qu’enthousiasmer les jeunes lecteurs par leur diversité et leur propension à favoriser l’identification à des personnages qui évoluent dans un contexte actuel et aux enjeux qui rejoignent ceux des enfants et ados d’aujourd’hui.

Un grand merci à Poulpe Fictions pour cet envoi !

J’ai hâte de lire la suite de leurs aventures, et d’en découvrir d’autres, notamment Le Trésor de l’île sans nom, nouveauté sortie hier, écrite par Gilles Abier (qui a récemment publié un titre pour ado chez Actes Sud Junior) et dont l’illustration de couverture réalisée par Mini Ludvin est, il faut bien le dire, terriblement attirante !

trésor-de-l-ile


10 réflexions sur “Poulpe Fictions, un label joyeux et étonnant : chronique de deux séries hautes en couleurs !

  1. J’ai lu les deux premiers tomes d’Allo Sorcières et j’ai adoré! C’est pas compliqué, j’aime TOUT dans cette série ^-^
    en revanche je ne connaissais pas les deux autres, mais tu as éveillé ma curiosité !

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis tellement contente que la collection t’ait plu ! 😀 Je m’efforce d’en acheter pour la médiathèque, et c’est vrai que tous les titres partent très vite. J’avais particulièrement aimé le premier tome d’Allo Sorcière, et le second est tout aussi séduisant, un bonheur ! 🙂 La dernière parution m’attire également beaucoup, je pense que ce petit là va atterrir sous peu dans un panier de commande 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Ah c’est une bonne nouvelle si les titres sortent souvent !
      Tout pareil ! Je n’ai pas encore lu le roman de Gilles Abier chez Actes Sud mais il me tente beaucoup, et ça m’intrigue de voir qu’il écrit aussi pour les plus jeunes ! (et cette illustration de couv !! Elle a un petit air d’anime japonais et de Ghibli plus précisément je trouve haha)

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s