[PAL estivale] Chronique 2 en 1 d’un été fort en émotions…

Comme promis, voici venu le temps de chroniquer mes lectures d’été, puisque c’est vous-mêmes qui les avez sélectionnées (et je vous remercie encore d’avoir participé au petit vote que j’avais organisé à cette occasion !).

Oui, j’ai ENFIN terminé ma PAL estivale, et je crois que je n’ai jamais mis autant de temps pour lire aussi peu de livres… Alice’s Adventures in Wonderland a été lu en une petite semaine, assez rapidement, mais c’est bel et bien Skybreaker, dont je vous ai tant parlé sur Facebook (ceux qui suivent la page aurons bien saisi mon amour sans limite pour cette saga de Kenneth Oppel), qui a ralenti mon rythme de lecture durant tout l’été.

J’ai véritablement savouré mon aventure aux côtés des héros, tant j’avais attendu la découverte de ce tome 2, et tant je redoutais le moment de les quitter… J’ai commencé avec un rythme régulier, de concert avec mon ami Fabio, mon coéquipier de LC, mais je me suis emballée vers le milieu et ai avalé 10 chapitres en une seule après-midi ! Ma punition après cet emportement a été de devoir attendre que Fabio me rattrape un tant soit peu… En bref, cette lecture a duré tout le reste de mes vacances espagnoles, et je me suis vue bien obligée de faire une petite diète de lecture, le temps de me remettre de mes émotions une fois le livre terminé. Je ne pouvais décemment pas enchaîner avec un autre livre, quel qu’il soit !

Je ne chroniquerai pas Skybreaker car je prévois de consacrer un article à la saga entière dans le futur, et cela ne pourra se faire que lorsque j’aurai lu le troisième et dernier (entendez mes pleurs désespérés !) tome, qui s’intitule Starclimber.

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Une petite photo de l’édition anniversaire de la saga, pour tenter encore et toujours de vous donner envie de la lire 🙂

C’est donc sur le tome 1 du Prince des Nuages et The House on Hummingbird Island, les deux romans qui sont sortis gagnants du vote et que j’ai lus à mon retour à Paris (oui ça compte, car j’étais toujours en vacances !), que porte cette chronique 2 en 1.
Le bilan de ces deux lectures est très net : autant l’une m’a énormément plu, autant l’autre m’a fait enrager.

 

  • Une aventure aérienne qui ne m’a pas fait planer
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Le Prince des Nuages – Le Bluberry, Livre 1 de Christophe Galfard (PKJ, 2009)

Le titre vous révèle déjà tout. Je suis complètement passée à côté de ce roman qui n’a pas su me captiver ni m’émerveiller contrairement à ce que je pressentais. Dès les premiers chapitres, j’ai senti qu’il manquait quelque chose, peut-être un souffle de suspens, un zeste de tension ; je m’attendais à quelque chose de plus vibrant en tout cas.

L’intérêt était pourtant loin d’être absent de mon côté, car les aventures aériennes me passionnent (suivez mon regard, AIRBORN clignote en lettres d’or là-bas !). Alors certes, il est difficile de passer après une lecture aussi puissante que celle de Skybreaker, mais j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose au roman pour se hisser véritablement à la hauteur de ce qu’un contexte initial aussi ambitieux présuppose.

Je n’ai pas réussi à m’attacher d’une quelconque manière que ce soit au personnage principal, Tristam. J’ai pourtant essayé, croyez-moi. Certains de ses actes m’ont même paru franchement incongrus et n’aidaient pas à dresser un portrait positif de ce jeune adolescent cancre et ignorant. Les anti-héros sont très intéressants, à condition qu’ils soient peu à peu étoffés au fil du récit. Mais décidément, Tristam ne fait montre d’aucune qualité appréciable dans la situation qui est la sienne, à savoir habitant d’une cité-nuage dévastée, et poursuivi par les autorités.
Alors il fallait bien qu’on se rende compte à un moment ou à un autre que Tristam possède LE pouvoir que personne d’autre n’a la chance de posséder, et effectivement cette information survient à la fin du roman, mais je ne sais pas trop comment il se débrouillera par la suite pour maîtriser ce don s’il ne tente pas d’assimiler le savoir scientifique nécessaire.
Je ne doute pas qu’il se révélera être un personnage étonnant dans les deux autres tomes de la saga, mais j’aurais bien voulu qu’il se démarque des autres dans ce premier tome autrement qu’en jouant le rôle du héros ignare.

Son ignorance profonde est d’ailleurs compensée par l’immense savoir de son meilleur ami bibliophile (le premier de la classe, bien évidemment), qui est toujours là pour lui donner une petite leçon astronomique ou atmosphérique. Ce contraste est certes fort amusant, mais ces dialogues entre Tom et Tristam m’ont paru bien trop artificiels et surtout prétexte à vulgarisation scientifique (dont le personnage de Tristam comme le lecteur sont les deux destinataires).

Cette vulgarisation est le cœur du livre, il faut bien le dire, et elle est également transmise par les encadrés informatifs et sobrement intitulés (L’eau et les nuages, La lumière…) placés après chaque fin de chapitre et qui s’allient à l’histoire pour apprendre au lecteur de nombreuses choses sur cet environnement bien particulier qu’est le ciel et notre atmosphère.
Si je les parcourais avec une certaine curiosité pendant les premiers chapitres, j’ai vite laissé tomber leur lecture qui s’est révélée plus embarrassante qu’autre chose car ces pauses documentaires finissaient par me couper dans l’élan du récit et n’avaient pas forcément à voir avec le sujet du chapitre qui précédait. J’ajouterais que cette vulgarisation scientifique ne m’a pas tout à fait convaincue car certaines informations étaient bien complexes à intégrer, même pour la grande fille de 23 ans, aussi intéressée soit-elle, que je suis.

Je passe sur plusieurs incohérences narratives (comme lorsque Tristam demande le nom du maire alors qu’on vient de le lui révéler au chapitre précédent) ainsi que l’imprécision de certains faits (aucune information relative au mode de vie des personnages qui habitent les nuages plutôt que la Terre…) qui ont achevé de m’agacer.

Le tout est, pour être franche, plutôt bien écrit (même si j’aurais volontiers proposé des formulations différentes de certains passages), et du reste ce roman a reçu divers prix littéraires. J’en conclus que je n’étais tout simplement pas le bon lecteur pour recevoir ce récit, et croyez bien que je le déplore.
C’était tout de même la première fois depuis des années et des années que je rejetais un livre de la sorte. La lecture est une rencontre avant tout, et j’étais profondément navrée de ne pas être en accord avec ce que je lisais.

Heureusement, toute dépitée que j’étais par cette lecture qui n’était pas à la hauteur de mes espérances, j’ai vite oublié cette déception avec The House on Hummingbird Island, qui m’a transportée dans une histoire vraiment attachante.

 

  • Un récit de vie émouvant et haut en couleurs, sur fond historique et secrets de familles
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The House on Hummingbird Island de Sam Angus (Macmillan Children’s Books, 2016)

Si Le Prince des Nuages m’a clairement fait passer un moment de lecture déplaisant, The House on Hummingbird Island m’a au contraire profondément ravie et enchantée. À l’heure où je publie cet article, j’ai terminé ce roman il y a deux jours et j’en garde un souvenir empli d’émotion et de tendresse.

Le résumé annonçait une histoire centrée sur la recherche et la révélation d’un secret familial dérangeant, mais au final c’est le récit de vie et sa thématique historique qui tirent pleinement les ficelles, à mon sens (et ça ne pouvait que trop me plaire).
J’étais donc surprise au premier abord de voir le texte s’installer dans une sorte de routine quotidienne propre à ces romans d’époque qui nous dépeignent l’existence de leurs personnages jour après jour, mois après mois, et à la fois inquiète, ayant peur de ne pas trouver une nouvelle fois ce que j’espérais rencontrer dans ce livre.

Mais assez vite, le récit prend un tout autre tournant, bouleversant cette torpeur tranquille et paisible, et le vrai visage du roman se révèle alors.

Ce sont les jeunes années du personnage d’Idie qui nous sont contées, une fillette de 12 ans au caractère bien trempé, entourée d’animaux exotiques et cocasses (et qui n’est pas sans rappeler une certaine Fifi), que le lecteur regarde grandir malgré elle alors qu’elle subit au fur et à mesure la triste réalité du monde des adultes, la douleur de la perte, la perfidie du mensonge.

Comment ne pas ressentir d’empathie envers cette âme unique et généreuse qui s’étiole avec les années et tente tant bien que mal de garder la tête haute ?

The House on Hummingbird Island est construit sur des souvenirs sans cesse rappelés au cœur d’Idie qui les regrette, bâti sur des secrets de famille qui rongent la maison de Bathsheba et ses habitants, entouré par les sévices de la guerre qui est malheureusement toujours là pour noircir l’horizon. Mais la beauté de l’île, la chaleur de la compagnie animale, et la bonté de ceux en qui l’on a confiance transcendent le malheur.

L’écriture elliptique et intelligente de Sam Angus est extrêmement agréable, ses descriptions de la nature sauvage et des émotions de ses personnages sont riches de contrastes, de couleurs et de métaphores. Elle a le don de nous faire rentrer dans le cœur des protagonistes, de nous permettre de ressentir leurs impalpables pensées.

Agrémenté de correspondances épistolaires entre les personnages, notamment dans la seconde partie, ce roman offre une plongée historique et débordante de sincérité dans l’existence d’Idie, Mayella, Austin, Celia…
Il nous apprend aussi le mépris rencontré en Europe, lors de la Première Guerre Mondiale, par les soldats Noirs natifs des Antilles britanniques venus défendre de leur propre volonté la couronne anglaise, alors qu’ils n’étaient embauchés que pour exécuter des travaux de pénibilité dangereux sur le front et n’étaient pas autorisés à porter des armes pour se défendre.

Au fond, ce roman est une histoire de la Vie elle-même, de ses peines et de ses joies, de ses fourberies et délicieux moments, au sein de laquelle la vérité est salvatrice, et où le retour à un paradis perdu semblable à la plénitude de l’enfance reste possible après tant d’épreuves traversées.

‘I’ll paint the house the colour of the sky and the moon, the windows will always be open and the winds will blow from front to back, and the stars will hang inside…’
‘And you will dress in rainbows…’


J’espère vous avoir donné envie de découvrir le roman de Sam Angus, autrice qui n’a encore jamais été traduite en France (quelle honte !), et n’hésitez pas à partager vos impressions sur Le Prince des Nuages si vous l’avez lu, pour que l’on mette en parallèle nos avis 🙂


12 réflexions sur “[PAL estivale] Chronique 2 en 1 d’un été fort en émotions…

  1. Kenneth Oppel ♡ tu as lu Sunwing (dis oui dis oui je l’aime d’amour) ? J’ai hâte de voir ton article sur la trilogie, ça fait longtemps et ça va me rappeler des bons souvenirs ! Et j’aime aussi les aventures aériennes ça me fait rêver :’) (dans le genre y avait Airman aussi mais c’un chouia moins bien)
    Et comme toi je garde un souvenir un peu déçu du Prince des Nuages dont le titre m’avait promis des merveilles…

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    1. Ooh une personne qui connaît Kenneth Oppel ! ❤
      J'ai acheté Silverwing il y a quelques mois, du coup il est dans ma PAL (comme beaucoup d'autres romans plus récents de l'auteur que je n'ai toujours pas lus ^^'), du coup quand je l'aurai lu j'achèterai sans doute Sunwing et Firewing 🙂

      Ah je ne connais pas Airman, quel est l'auteur ?

      Oui, peut-être que les tomes 2 et 3 sont meilleurs, tu les as lus ?

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      1. Awi c’est Silverwing le premier ! Mon pref ever c’est Darkwing ♡
        Airman ça doit être d’Eoin Colfer je crois, donc pas n’importe qui non plus haha J’avais lu un roman assez cool sur les frères Montgolfier aussi… fin dès qu’y a des aéronefs c’est la fête dans mon coeur tfaçon ! Les 2 et 3 de Brise-Ciel ?

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      2. Exactement ! Et si jamais je vois un aéronef sur une couverture je me rue sur le bouquin ! J’aimerais tellement qu’Airborn ait une adaptation ciné fidèle ! Apparemment depuis 2012 les droits ont été acquis pour le cinéma donc wait and see…
        Ok je note, merci 🙂
        Haha d’accord x) En tout cas pour ma part je ne pense pas lire la suite :/

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  2. C’est parti pou rle troisième commentaire de la soirée 😀
    Comme je ne connaissais pas du tout ces deux romans, je prends ton avis comme prophétique et suivrai tes recommandations 😉 même si la lecture en VO me rebute un peu… (cela devrait s’améliorer une fois que j’aurais lu les Harry Potter en anglais, ce que je suis sensée faire cette semaine (#argh)).
    Hâte de voir ton article sur Skybreaker ! Pareil, je ne connais pas du tout, mais tes propos (et les couvertures ♥!) me mettent l’eau à la bouche 🙂

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    1. Je te remercie vraiment pour tes commentaires ! D’ailleurs je suis en retard sur la lecture de tes derniers articles mais je rattrape petit à petit ! > <
      Tu n'es pas trop à l'aise avec l'anglais ? Le mieux est de commencer avec des titres assez faciles. The House on Humminbird Island a un anglais assez riche en vocabulaire, je ne dirai pas qu'il est super simple à lire quand on n'est pas habitué.
      Lire HP en anglais est un bon moyen de se motiver !! 😀
      Quand tu penses qu'il y a des auteurs toujours intraduits comme Sam Angus ou certains titres récents de Kenneth Oppel, on peut s'estimer heureux de parler la langue pour pouvoir continuer à lire leurs romans ! Ce qui n'est pas le cas de mon autrice préférée allemande, dont 3 titres ont été publiés en français et puis après plus rien… Sauf que moi je ne lis pas l'allemand xD

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      1. bah… pas de quoi ^^ et pas de soucis haha, t’inquiète pas ^^’
        Du coup j’ai commencé Harry Potter, c’est laborieux et j’avance lentement mais c’est moins pire que ce que je pensais (et puis je me raconte que je connais presque mot pour mot la version française… donc au besoin je cherche dans ma mémoire ^^)
        Merci pour tes conseils! Je prends tout ça en note 🙂

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      2. Bon ça va alors 🙂 Je pense qu’au fur et à mesure de la lecture tu seras de plus en plus à l’aise et à la fin tu seras suffisamment rodée pour lire la suite en anglais 🙂

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  3. Je ne connaissais pas, mais j’aime beaucoup l’édition anniversaire de la saga de Kenneth Oppel 🙂
    D’ailleurs, je ne connais pas plus les deux livres que tu as chroniqué ^^ Merci pour ces découvertes !

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